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L’approche Pikler de l’épanouissement de l’enfant

Epanouissement des enfants : à la découverte de l’approche Pikler

Emmi Pikler, qui a donné son nom à sa méthode pédagogique que l’on retrouve aujourd’hui dans les quatre coins de la planète, a terminé ses études de médecine à Vienne dans les années 1920. La capitale autrichienne était à l’époque le berceau des idées réformistes, de la politique à l’économie en passant par la santé et l’éducation.

Emmi Pikler a exercé ses compétences de pédiatre mais aussi ses talents d’éducatrice dans son cabinet privé à Budapest. Nous vous proposons aujourd’hui de braquer les projecteurs sur l’approche Pikler, une méthode pédagogique qui prône l’autonomisation de l’enfant depuis ses premiers mois.

Liberté de mouvement totale, pilier de la méthode Pikler

Le principe fondateur de l’approche Pikler est étroitement lié aux avancées des neurosciences. On a en effet découvert, au début du 20e siècle, que le développement psychomoteur de l’enfant était surtout initié de son propre chef, par ses initiatives personnelles qui sont de l’ordre du réflexe. Pendant ses consultations, le docteur Emmi Pikler a remarqué que les enfants dont les parents travaillaient toute la journée étaient beaucoup plus précoces que les autres, que ce soit pour la parole, la marche, la croissance et le développement intellectuel. Cette observation empirique rejoignait les conclusions des neurosciences en la matière.

Tout le travail du docteur Emmi Pikler a consisté à théoriser cette approche et à sensibiliser les parents à l’importance de l’autonomisation de l’enfant. Plutôt que de guider ses pas, les parents devaient désormais sécuriser l’environnement de leur enfant pour lui permettre d’y évoluer librement. Les interventions des parents et des éducateurs devaient se réduire au strict minimum, comme lorsque la sécurité de l’enfant est en jeu.

Pour Emmi Pikler, l’enfant ne doit jamais être mis dans une position qu’il ne pourrait réaliser lui-même, sans aucune aide extérieure. Concrètement, le docteur Pikler estime qu’il ne faut pas faire asseoir l’enfant avant qu’il ne soit capable de le faire tout seul, ni le ternir par la main pour qu’il se mette debout avant qu’il n’ait les capacités musculaires de le faire. Chaque jalon du développement moteur est atteint par la propre initiative de l’enfant, à la suite de ses propres efforts.

Les équipements qui encouragent la passivité du bébé sont bannis de l’approche Pikler. Plutôt que des sièges à roulettes, Pikler préconise des supports de toute sorte qui serviront d’appui. C’est tout l’intérêt du triangle de Pikler, un équipement central dans cette approche et qui permet à l’enfant de prendre appui et de grimper en toute sécurité. Emmi Pikler a détaillé son approche dans son premier livre publié en 1940, au début de la guerre.

La ritualisation du soin, un moment privilégié de complicité

Les moments de soin ne sont pas considérés comme un apport du parent ou de l’aidant à l’enfant, mais plutôt comme un moment de complicité entre deux personnes à part entière. Pendant que le parent ou le soignant répond aux besoins physiques de l’enfant, il établit un contact direct avec lui et se montre réceptif à ses signaux. Il le considère comme un être qui a ses besoins, mais aussi ses envies et ses volontés. Pikler préconise que le parent ou le soignant commente verbalement les soins qu’il prodigue à l’enfant, car ce dernier est déjà en mesure de reconnaître une intonation bienveillante. Ce lien de confiance créé et renouvelé permet à l’enfant de participer activement au rituel de soin et lui donne confiance en lui-même.

Dans sa crèche pour enfants défavorisés de Budapest, le docteur Pikler a mis au point une « chorégraphie » de « soins thérapeutiques » dans un environnement à la fois agréable et stimulant, avec un dialogue respectueux verbal et non verbal. Le docteur Pikler a également mis au point des techniques d’interprétation des signaux envoyés pour l’enfant pour s’adapter à son rythme et l’aider à répondre à ses besoins avec le minimum d’intervention de la part du parent ou du soignant.

Catherine

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