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mercredi 30 avril 2008

Une histoire d'Histoire

Une fois encore, l'actualité législative est riche. Il est des textes qui n'attirent pas l'attention mais qui peuvent poser des questions sensées. C'est le cas du projet de loi discuté cette semaine sur les archives.

La volonté du gouvernement est d'actualiser la loi de 1979 encadrant l'accès et la protection des archives.

Si le texte renforce effectivement leur protection et leur accessibilité, chose à laquelle, de par ma formation d'historienne, je suis personnellement attachée, un amendement sénatorial dénature la visée première du texte.

Il allonge en effet le délai d'ouverture des archives à 75 ans pour les documents « susceptibles de porter atteinte à la vie privée ». Cette notion floue pose problème aux historiens qui se verraient à ce motif refuser des archives concernant la guerre d'Algérie, d'Indochine, ou encore (puisque c'est d'actualité) Mai 68.

Un gouvernement si prompt à encenser le « modèle allemand » ne devrait-il pas regarder ce qu'a fait la République Fédérale Allemande, qui dès la chute du mur a ouvert les dossiers de la Stasi aux historiens, aux citoyens et même aux ressortissants de pays étrangers. L'incommunicabilité des sources, aucun pays démocratique ne la pratique plus.

Invoquer la vie privée pour cacher notre histoire plus longtemps aux spécialistes ou même aux citoyens exprime la peur de voir surgir des débats douloureux. Doit-elle être plus forte que l'examen scientifique de données historiques ?

Je m'opposerai donc à ce texte en conscience, les historiens et le public doivent pouvoir accéder aux sources en toute liberté, passé un certain délai.

mardi 29 avril 2008

Madame Germaine TILLION

Quelques jours à l'étranger m'ont éloignée des détails de l'actualité, et je n'ai appris la disparition de Germaine TILLION qu'avec retard. Cette très grande dame de notre histoire disparaît alors que nous commémorons la tragédie concentrationnaire.

Le parcours de Germaine TILLION, entrée dans l'histoire de son vivant, est l'honneur des intellectuels engagés. De la Résistance à la déportation, du combat contre la guerre d'Algérie qu'elle connaît si bien, ses exigences de chercheur, de militante, de femme ont régi ses combats. Ses propos sur la violence, les débats de l'époque, montrent qu'elle se refusait malgré tout au manichéisme simplificateur cherchant par-dessus tout la justice dans l'exercice du combat contre le colonialisme.

Elle s'est battu jusqu'au bout, qu'il s'agisse des expulsions brutales des sans-papiers de Saint Bernard, de la torture en Irak ou de l'indigence de l'enseignement dans les prisons françaises.

Témoin du siècle, dans une actualité faisant la part belle aux people et aux faits divers, elle fait partie de notre conscience morale pour nous rappeler les exigences de liberté, de justice, de solidarité qui doivent nous guider.

vendredi 25 avril 2008

Rien de nouveau !

France Bleu Poitou tenait à m'interroger ce matin sur l'intervention tant attendue du chef de l'Etat.
Pour tout dire, je l'ai suivi en pointillés. En voiture entre deux réunions et le soir, en résumé.
Mais surtout, que dire d'une intervention qui n'annonçait rien de nouveau ? Nous étions ravis d'assister à la prestation orale de l'élève Sarkozy qui avait été recalé lors de son premier passage avec mention "En fait trop!".
Sur la communication, les choses ont semble t-il un peu évolué donc. Avec une mise en scène et un décor 100% Elysée, tout était contrôlé pour un changement d'image. Pour le président de la République, il fallait faire "davantage président". Il y a du mieux.

Mais pour le reste, les choses sont plus inquiétantes. Les français inquiets semblent fortement majoritaires. Je reste dubitative sur ce qui aura pu les rassurer hier soir. Les erreurs- puisqu'il fallait au lendemain d'un échec cuisant aux municipales reconnaitre des erreurs- seraient erreurs de communication ! Rien d'autre !
Pourtant j'observe que Nicolas Sarkozy a passé la plus grande partie de l'émission en défensive. Retranché dans ses 22, on aurait pu attendre qu'il inverse le jeu. Sans changer de côté du terrain radicalement - ne rêvons pas - on aurait pu penser qu'il lui "tait possible de se frayer un chemin différent dans la mêlée. Il a préféré foncer droit devant. Et avec lui, c'est la France toute entière qu'il envoie dans le mur.

Objectif affiché de la soirée : "pédagogie". Mais expliquer n'a jamais voulu dire : prendre les gens pour des imbéciles. "C'est difficile, comprenez moi, et ....... on va continuer !", voilà ce qu'a dit Nicolas Sarkozy aux français.
A tous ceux qui, par leur vote en mars, ont adressé un message, il répond : "Vous ne m'avez pas compris. Je ne changerai rien, je vais vous expliquer".
Sauf que la politique de ce gouvernement demeure illisible et inefficace. Le maintien du programme du candidat Sarkozy condamne durablement les familles les plus modestes. Simplement quelque chose a changé depuis la campagne électorale : les illusions sont tombées. Les françaises et les français ont compris. L'espoir a disparu.
Le bilan de cette première année de mandat est catastrophique. Les français vivent cette action par la négative : "moins d'espoir, moins de pouvoir d'achat, moins de protection sociale, moins de proximité...". Celui qui devait aller "chercher la croissance avec les dents" se défait soudainement de toute implication dans les difficultés du pays

Premiers responsables donc : les français qui ne l'auraient pas compris.
Coupables suivants: les autres : les pays étrangers, le pétrole, les grandes surfaces, etc...

La faute aux autres. La recette est connue. Il sera difficile de l'utiliser encore 4 ans.
Ce n'est en tout cas pas cette réponse qu'attendaient nos concitoyens !

mardi 22 avril 2008

Un an déjà !

Ainsi qu'elle s'y était engagée, Catherine Coutelle, Députée de la Vienne, propose, après un an de mandat parlementaire, de rendre compte de son action à l'Assemblée Nationale et dans la circonscription, et faire le bilan de la politique gouvernementale depuis mai 2007.

Ainsi, elle aura l'occasion d'échanger avec les habitants de la circonscription au cours des réunions publiques suivantes :

Jeudi 15 mai à 18h30 - Fontaine le Comte – Salle des Châtaigniers

Lundi 19 mai à 18h30 - Poitiers – Maison du Peuple – Salle Jouhaud

Jeudi 22 mai à 18h30 - Vivonne – Château de Vounant

Lundi 26 mai à 18h30 - La Villedieu-du-Clain – Salle du bar

Jeudi 29 mai à 18h30 - Vouillé – Salle de la Gorande

Renseignements : 05 49 47 47 87 – contact@catherinecoutelle.fr

jeudi 17 avril 2008

Aimé Césaire s'est éteint

Aimé CESAIRE était à la fois un poète, un écrivain, un enseignant, un maire, un député, un socialiste et tant d'autres responsabilités qui ont rythmé son engagement humaniste, autant d'expériences qui imposent notre respect et provoquent notre tristesse à l'annonce de la disparition de celui qui aimait à se dire "de la race de ceux qu'on opprime".
On retiendra de l'ami de Léopold Sédar Senghor, le concept de négritude, la création des départements d'outre-mer, son Discours contre le colonialisme mais aussi de superbes poèmes bercés par la même révolte, le même appel au réveil des identités culturelles, au principe de dignité humaine et à la responsabilité historique des peuples.
La Martinique est en deuil, la France entière pleure un grand homme.

 

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?

Aimé Cesaire - "Cahiers du retour au Pays natal"

C'est dans l'air

Voir l'émission

mercredi 16 avril 2008

C'est dans l'air, ce soir

Catherine Coutelle est intervenue hier dans l'hémicycle à propos du projet de loi "Lutte contre l'anorexie".

Elle était interviewée sur ce sujet ce matin dans le cadre d'une émission spéciale à suivre ce soir dans C DANS L'AIR (France 5) (à 17h50 et 22h30).

A vos téléviseurs!

mardi 15 avril 2008

Anorexie - Intervention ce matin

Ce mardi en séance a été débattue la proposition de loi de Valérie Boyer (UMP) concernant la lutte contre l'incitation à l'anorexie. C'est une direction louable que de vouloir se préoccuper de cette maladie grave de la part de la majorité. Malheureusement, ce texte ne fait que faire rentrer l'anorexie dans le code pénale puisqu'il proposait de sanctionner la diffusion d'images « incitant à la maigreur extrême » de prison ferme. Le groupe socialiste s'est abstenu sur ce texte qui ne propose rien pour les malades. On ne lutte pas contre une maladie en emprisonnant des gens sans s'adresser d'abord aux malades.

J'ai, en séance, défendu la position du groupe sur ce texte. (voir ci-après)

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jeudi 10 avril 2008

OGM, LE COMMUNIQUE DES DEPUTES

Cette semaine, avec Alain Claeys et Jean-Michel Clément, j'ai adressé le communiqué suivant à la presse.

Catherine COUTELLE, Alain CLAEYS et Jean-Michel CLEMENT, députés socialistes de la Vienne, appellent les professionnels de la gastronomie, les agriculteurs ainsi que les citoyens soucieux du respect de la biodiversité à signer l'appel de soutien à l'amendement 252 sur le site : http://www.amendement252.blogspot.com/

« A l'Assemblée Nationale, les députés ont adopté, contre l'avis du groupe UMP (le gouvernement s'en étant remis à la sagesse des parlementaires), un amendement au projet de loi sur les OGM qui stipule qu'ils : «ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières commerciales qualifiées sans organisme génétiquement modifié»

C'est une brèche ouverte dans un projet de loi dangereux. Cet amendement apporte pour les producteurs et les professionnels de la gastronomie la garantie de la préservation d'un patrimoine culturel et biologique dont la France peut s'enorgueillir.

Les labels de qualité, les AOC et les produits issus de l'agriculture biologique sont déterminants sur le plan économique. Ils permettent de sauvegarder et valoriser des produits et un savoir-faire auxquels nous sommes attachés. Il est essentiel qu'ils puissent perdurer dans un environnement exempt d'OGM.

C'est pourquoi, nous appelons les poitevins à soutenir cet amendement avant le réexamen du texte au Sénat. »